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Fabien de Montargy est né en 1328 dans la petite noblesse, quatrième enfant sur six. Sa famille était peu influente quoiqu'assez aisée, et ils menaient une vie tranquille. Enfant déjà, Fabien se montrait curieux de tout et avide de connaissances. Il passait la plupart de son temps libre auprès d'un érudit qu'hébergeait sa famille, à étudier ses manuscrits et à l'étourdir de questions, au point d'en négliger ses parents et frères et sœurs.
Le temps passant, Fabien a vite épuisé les quelques ouvrages dont disposait la maigre bibliothèque du lettré, et il se désolait de la difficulté de trouver de nouvelles sources de connaissances. L'homme lui a alors révélé l'existence des vampires, dont la longue existence leur permet de traverser les âges et d'emmagasiner un savoir incomparable. Fabien, encore adolescent à cette époque, s'est aussitôt décidé à en trouver un qui puisse lui servir de professeur.
Une nuit de 1347, alors que le jeune homme s'était comme souvent assoupi en lisant à la lumière des bougies, il a soudain été éveillé en sursaut par une présence à ses côtés: un inconnu se penchait par-dessus son épaule pour examiner le texte du parchemin... C'était un vampire du nom d'Antoine Curone, aux oreilles de qui était parvenue la curiosité de Fabien et qui, après l'avoir observé, avait décidé de la satisfaire. En tant que Vrai Brujah, il respectait et encourageait la recherche de connaissances.
Au cours des années qui ont suivi, le vampire a enseigné à Fabien ce qu'il savait sur d'innombrables sujets, mortels comme vampiriques. Mais le temps passant et comme l'âge ou la maladie emportaient ses aînés, le jeune homme a commencé à prendre peur de mourir avant d'avoir pu découvrir tout ce qu'Antoine avait à lui apprendre. Le vampire l'a alors étreint, non sans lui avoir expliqué auparavant ce qu'il en était et lui avoir laissé le choix. C'était en 1354, alors qu'il avait vingt-six ans.
Ayant à son tour rejoint les rangs des morts-vivants, Fabien a fait croire à son départ mais est resté pour veiller en cachette sur les siens. Antoine, après lui avoir expliqué les quelques détails importants qu'il ne connaissait pas encore, a quitté les lieux pour reprendre ses propres recherches, laissant le jeune vampire voler de ses propres ailes et découvrir le monde par lui-même plutôt que par procuration.
Hélas, les événements rapidement ont pris un cours inattendu. Alors qu'il était encore humain et à peine sorti de l'adolescence, il s'était épris d'une fille de la famille noble voisine, Eléonor de la Fontaine aux Lys, aussi attirante qu'inaccessible, rejetant avec dédain les avances de tous ses prétendants. Les années avaient passé sans affaiblir les sentiments du jeune homme, bien au contraire.
Environ un an après son étreinte, Fabien a de nouveau tenté sa chance auprès de la belle, espérant la séduire avec sa nouvelle nature et ses pouvoirs. Contre toute attente, l'attitude de la jeune femme a rapidement changé du tout au tout: se montrant fascinée, elle le pressait de questions, voulait savoir tout ce dont il était désormais capable, et le vampire, fou de joie d'éveiller enfin son intérêt, lui répondait bien volontiers... Quelques semaines à peine s'étaient écoulées avant qu'elle ne lui demande de l'étreindre à son tour pour qu'elle puisse le rejoindre dans l'éternité de la nuit. D'abord plus qu'hésitant, Fabien a fini par céder à contrecœur, entre les supplications, les calineries et le chantage affectif.
Mais alors qu'il ranimait son cadavre exsangue avec son propre sang vampirique, il a perçu les pensées et émotions d'Eléonor: elle n'avait jamais éprouvé la moindre affection pour Fabien, ne voyant en lui qu'un moyen de tuer et de faire souffrir à son aise. Profondément marquée par les récits des massacres que sa famille avait subis aux alentours de l'an mille — massacres en réalité perpétrés par Jack alors qu'il était encore humain... — elle haïssait son environnement, ses proches et l'ensemble de l'humanité, y compris Fabien d'ailleurs.
Sous le choc des émotions d'Eléonor en elles-mêmes autant que de la trahison dont il était victime, horrifié par le monstre qu'il venait d'engendrer, mais incapable de détruire la femme qu'il aimait malgré tout, il s'est enfui. Elle a décimé leurs deux familles et le village d'à côté, donnant libre cours à sa haine et s'abandonnant aux délices de la frénésie. Fabien n'a enfin trouvé la force d'y mettre fin qu'après quelques nuits, mais il était déjà bien trop tard. [Vous pouvez lire la description de cette scène, telle que vue par Jérémy.]
Fabien, fou de douleur, accablé de culpabilité d'avoir lâché une bête sauvage sur les gens qu'il aimait, a abandonné les survivants et a erré vingt ou trente comme un vagabond vêtu de haillons, voulant oublier jusqu'à son propre nom. Durant cette période, il évitait les villes, se nourrissait sur les brigands ou sur les animaux des forêts, fuyant la compagnie des êtres humains au point qu'il avait perdu l'habitude de parler. Rien ne subsistait en lui laissant penser qu'il s'était jadis agi là d'un noble de bonne famille...
Il désirait mourir plus que tout au monde, mais pas une destruction absurde et inutile; il voulait disparaître en se sacrifiant pour une cause dans l'espoir de se racheter à ses propres yeux. Mais rien ne lui donnait une telle occasion, et il aurait pu mener indéfiniment cette existence misérable si le hasard n'avait pas mis l'Inquisition sur son chemin au cours de l'hiver 1383.
Alors qu'il passait à proximité d'un village, Fabien a entendu des cris et remarqué les lueurs d'un grand feu. En s'approchant, il a été pris à parti par un autre vampire, terrifié, qui lui a expliqué ce qui se passait: cet endroit servait de base de repli à son groupe, dont le chef se faisait appeler le Dominile. Leur but était de protéger leurs semblables des sévices de l'Inquisition, mais leurs ennemis avaient investi le lieu et s'apprêtaient à incinérer morts-vivants et villageois ensemble.
Fabien a aussitôt vu là la chance qu'il attendait tant d'assouvir sa volonté de suicide héroïque. Armé de sa témérité et d'une simple fourche, il est parti se battre, bientôt suivi par les trois vampires et les six hommes qui avaient réussi à s'enfuir. Mais Fabien est malin et ses années d'errance n'ont pas suffi à lui faire oublier les longues leçons d'escrime qu'il avait subies dans sa jeunesse en tant que noble. Il a rapidement récupéré une épée abandonnée et bien loin de périr au combat, il est parvenu à sauver la plupart des victimes, mais le Dominile était déjà mort.
Il n'était alors vampire que depuis vingt-neuf ans, mais les survivants de l'armée vampirique étaient effrayés et désemparés, et ils avaient désespérément besoin d'un chef valeureux. Bien malgré lui, Fabien a donc pris leur tête, endossant à son tour le titre de Dominile. A force de volonté et de bravoure, il est parvenu à leur redonner confiance, si bien qu'au tournant de 1400, son groupe était devenu soudé, efficace, et craint par les chasseurs de sorcières.
La renommée du Dominile s'est rapidement étendue dans la société vampirique, et il a commencé à être vraiment reconnu et respecté vers le milieu du XVème siècle, bien que seuls ses proches le connaissaient en personne. Profitant de son influence grandissante, Fabien s'est mis, en plus de la lutte contre l'Inquisition, à affronter également ceux de ses semblables dont la rapacité mettait en péril l'humanité.
![[Blason de
Fabien]](../../../images/blason-5roses-pt-carre.png)
En plus de son titre, il est également connu par le blason qu'il s'est créé: taillé de sable au chêne d'argent et d'or aux cinq roses de gueules engemmées et feuillées de quinte. Le chêne symbolise la sagesse et la force auxquelles il aspire, sur fond de la nuit perpétuelle où le plonge sa nature de vampire. De l'autre côté, les roses rouges s'épanouissant au soleil, belles et éphémères, représentent l'humanité qui le nourrit et dont il se considère le protecteur.
Mais sa réputation attire les rivalités, sans compter les chasseurs de surnaturel prenant désormais cette menace très au sérieux et les vampires avides qui voient en lui un obstacle pour mener à bien leurs plans. Aussi s'est-il arrangé pour se forger une image d'être inhumain anéantissant ses ennemis sans la moindre pitié, à la fois pour paraître inébranlable et pour décourager ses ennemis de l'attaquer.
C'est aux alentours de 1500 qu'il a entendu parler d'une mage nommée Barantha, capable de créer des armes extraordinaires liées à leur porteur. Il s'est donc rendu dans le vieux château en Ecosse où elle pratiquait sa magie; là, il a rencontré Manarion pour examiner ses griffes d'argent, et Barantha lui a également montré l'épée de Jack. Fabien a finalement fait fabriquer à partir de son sang une dague dans laquelle réside une infime parcelle de sa personnalité et de sa volonté. [Vous pouvez lire la description de la fabrication de la dague, telle que vue par Jérémy.]
L'arme, entièrement en argent, est d'une très grande beauté et porte le blason du Dominile sur la garde. Son aspect et sa solidité reflètent son état de santé: la lame est brillante comme neuve et presque indestructible tant qu'il est bien portant, mais s'il commence à être assoiffé ou blessé, elle devient terne et friable. En plus de provoquer des blessures qu'il est impossible de guérir sans aide magique — et ce sur tous les êtres surnaturels, y compris immatériels tels que les fantômes — elle peut absorber le sang et le transmettre à Fabien. La seule différence avec la morsure est alors qu'il n'en sent pas le goût mais en perçoit seulement les caractéristiques de manière abstraite.
Fabien exerce un contrôle limité et inconscient sur sa dague. Ainsi, elle ne manque jamais sa cible, et elle est capable de guider la main qui la tient pour forcer les coups à porter au but... ou à manquer, selon la situation. Elle peut même glisser lentement sur une faible distance. En contrepartie, Fabien ressent une douleur insupportable si jamais la lame est plongée dans le feu, ou pire, exposée au soleil. Cela ne peut cependant ni le blesser, ni abîmer l'arme.
Le Dominile a mené de nombreux combats et contre l'Inquisition et contre les vampires cherchant à briser la Mascarade et l'équilibre avec l'humanité. L'un d'entre eux a pris place au cours de la Révolution Française, en région parisienne; un groupe de vampires proches du Sabbat tentait de profiter des troubles politiques pour prendre le pouvoir en France et faire régner leur loi sur les mortels — et les réduire au rang d'esclaves et de bétail.
Alors que le Dominile se préparait à les attaquer, un Brujah est venu lui proposer son assistance: Clément de Ravensberg, qui poursuivait un Malkavien du nom de Karl Krieger depuis que celui-ci avait tué la dernière survivante de sa famille, avait découvert que Krieger s'était associé au groupe que Fabien avait pris pour cible. Clément a dont temporairement intégré l'armée du Dominile, et ils se sont battus côte à côte, éliminant les chefs ennemis avec la précision et l'efficacité coutumières... Mais Krieger avait senti le vent tourner et s'était enfui. Fou de rage de l'avoir laissé s'échapper, Clément s'est lancé une fois de plus à sa poursuite, perdant tout contact avec Fabien.
Au cours des siècles, le Dominile est devenu la légende qu'il est maintenant, intervenant de moins en moins souvent directement tandis que la seule évocation de son nom suffit parfois à décourager ses ennemis. Auréolé de son aura de mystère et de crainte, usant de ruse plus souvent que de pouvoirs vampiriques, il est insaisissable mais terriblement efficace. Il est parvenu à manipuler les Tremere afin d'apprendre d'eux la thaumaturgie, et détourne les créations que les Technomanciens introduisent dans la société humaine afin de créer des pièges et des armes redoutables — deux motifs de crainte supplémentaires.
Pourtant, la fatigue et la lassitude ont fini par le gagner au fil du temps. La solitude qu'il s'impose pour ne pas offrir de prise à ses adversaires lui pèse, et il commet des erreurs qui l'obligent à tuer ses ennemis quand cela aurait pu ne pas être nécessaire.
Sophie est née en 1975 de Mathieu et Rosemarie Dolenne. Son père dirigeait un groupe de chasseurs de monstres particulièrement fanatiques nommé les Chevaliers de la Lumière, dont le but avoué était l'extermination totale et sans appel des vampires, mais également des diverses races de métamorphes et, de manière générale, de tous les surnaturels non humains — les vampires étant simplement les cibles les plus faciles. Ils avaient parmi eux quelques mages du Chœur Céleste mais disposaient surtout d'armement moderne très efficace.
Mathieu et Rosemarie élevaient leurs filles, Sophie et sa sœur Estelle de deux ans son aînée, dans la haine absolue des "monstres" et les destinaient à devenir chasseuses à leur tour quand elles auraient atteint l'âge adulte. Bien évidemment, leurs activités les avaient mis au courant de l'existence du Dominile, qu'ils craignaient autant qu'ils rêvaient de l'anéantir dans d'atroces souffrances.
Aux yeux des Chevaliers, aucun moyen n'était trop ignoble pour éliminer un vampire, quitte à ce que cela signifie la mort d'innocents. Rare étaient ceux qui auraient hésité à en torturer un sans fin afin d'obtenir des renseignements, ou même par pur plaisir. Cela ne les empêchait d'ailleurs pas de se parer de hautes justifications morales pour se donner bonne conscience.
Le Dominile surveillait depuis longtemps les Chevaliers de la Lumière, les considérant comme hautement dangereux à la fois pour ses semblables et pour les êtres humains aux alentours. Mais il a commis coup sur coup deux erreurs tragiques... La première a été de sous-estimer le pouvoir de nuisance de trois nouvelles recrues, beaucoup mieux renseignées sur les vampires que ce qu'il pouvait tolérer. Quant a la seconde, elle a été de vouloir laisser une dernière chance à Mathieu Dolenne en lui lançant un ultimatum: le laisser détruire leurs archives ou disparaître avec elles.
Le vampire connaissait parfaitement les habitudes des Chevaliers et savait qu'ils utilisaient comme base d'opérations un petit lotissement qu'ils nommaient simplement "la Résidence"; ils y conservaient précieusement leurs documents et s'y réunissaient souvent. Il a donc décidé d'attaquer là avec ses troupes, après s'être arrangé pour éloigner le plus possible d'entre eux et ne pas avoir à les tuer.
Ceux qui restaient ont été massacrés sans difficulté par les vampires, en particulier les parents de Sophie, et tous leurs livres brûlés. Mais ce que le Dominile ignorait, c'est que Mathieu Dolenne choisirait de faire venir les enfants à la Résidence pour la première fois, précisément ce soir-là. Savait-il que le Dominile aurait hésité s'il avait été au courant à temps de la présence d'enfants? Ou sentait-il sa fin arriver et voulait-il simplement garder ses filles auprès de lui? Toujours est-il que Sophie, alors âgée de six ans, a ignoré les ordres que lui avaient donnés ses parents et au lieu de se cacher, elle a vu le vampire vider son père de son sang depuis la fenêtre où elle s'était postée...
Comme si le malheur ne suffisait pas, un des vampires a surpris Estelle, la sœur de Sophie, et a trouvé très amusant de l'étreindre pour l'amener au Dominile, bafouant son interdiction de transformer des enfants. Le coupable a été puni de destruction, mais Fabien ne pouvait plus rien faire d'autre pour Estelle que de lui accorder une mort miséricordieuse, à laquelle Sophie a aussi assisté à distance, sans en connaître la raison.
Le Dominile a alors repéré la fillette à sa fenêtre. Comprenant qu'il y avait plusieurs enfants et craignant pour la vie de cette inconsciente qui restait en vue de tous, il l'a ligotée et enfermée dans l'espoir de protéger sa vie, avant de donner rapidement l'ordre de quitter les lieux. Devenue orpheline, profondément choquée par ces événements, Sophie a été recueillie par Martin Chaumet, un des Chevaliers de la Lumière survivants, et sa haine des vampires et plus particulièrement du Dominile est devenue sans bornes.
En grandissant, Sophie a voulu reprendre l'œuvre de son père, autant par conviction que par désir de vengeance. Dédaignant les activités normales des jeunes gens de son âge, elle a consacré sa vie à l'extermination des vampires. Elle a acquis une excellente connaissance du surnaturel et une capacité à dénicher le moindre fait divers anormal dans les journaux. Mais malgré ses connaissances et sa fréquentation quotidienne des Chevaliers de la Lumière, elle est restée aveugle à deux évidences: d'une part, que ses alliés étaient au moins aussi cruels que bien des vampires, et d'autre part, qu'ils n'auraient eu aucune chance face au Dominile si celui-ci avait décidé de les anéantir...
Et pourtant, la haine de Sophie ne suffisait pas à la priver de sa douceur et de sa bonté. Si l'extermination des vampires avait quitté le rang de simple concept pour entrer dans sa réalité, elle aurait été incapable de leur donner la vraie mort de sang froid.
[Note: Cette section résume brièvement l'intrigue de La marque du Commandeur. Contactez-moi si vous préférez lire la version romancée.]
De son côté, le Dominile a continué de surveiller l'activité des Chevaliers de la Lumière. Il a décidé d'intervenir de nouveau lorsqu'ils ont fait l'acquisition d'un livre très détaillé et exhaustif sur les vampires, Le peuple de la nuit, dont il avait personnellement connu l'auteur. Son plan était simple: séduire Sophie, devenue très influente au sein du groupe de chasseurs, en se faisant passer pour humain, se faire introduire dans leur quartier général sans éveiller la méfiance, et leur dérober l'ouvrage.
Mais, alors qu'il voyait Sophie pour la première fois, il l'a reconnue comme la petite fille qui l'avait observé lors de l'attaque de la Résidence. Perturbé à la pensée qu'il était peut-être responsable de son recrutement par les Chevaliers, inquiet d'être découvert même si son armure avait masqué son visage cette nuit-là, il lui a donné son vrai nom au moment d'en inventer un, nom qu'il avait voulu oublier pendant six siècles et demie: Fabien de Montargy.
La première étape de son plan se déroulait correctement en dépit de ce raté, quand il a brusquement réalisé que Sophie, malgré son passé et ses activités, n'aurait probablement pas eu le courage de le tuer si elle avait appris son identité réelle. Autant cela ne le dérangeait pas de faire souffrir quelqu'un qui n'aurait pas hésité à le massacrer sans remords, autant il s'est soudain retrouvé désarmé face à la gentillesse de la jeune femme.
Les événements se sont enchaînés à partir de là. Son trouble l'a conduit à laisser Sophie seule pendant quelques minutes, et il n'est revenu que pour la trouver aux prises avec une bande de voyous ivres et agressifs. Il a dû la conduire d'urgence à l'hôpital, grièvement blessée, et a alors compris qu'il s'était pris dans son propre piège et qu'il ne pouvait plus revenir en arrière.
Déchiré entre ses sentiments interdits et son devoir, il a continué à se faire passer pour humain jusqu'à ce que Sophie le surprenne en train de se nourrir. Avec un certain soulagement de ne plus devoir jouer cette comédie sans espoir, il a cherché à convaincre la jeune femme que les vampires n'étaient pas nécessairement maléfiques, sans toutefois lui avouer qu'il était ce Dominile qu'elle haïssait tant.
Entre-temps, un de ses subordonnés, Philippe Hessren, a remarqué des signes de faiblesses chez Fabien. Avide de pouvoir et rêvant de massacrer les chasseurs de vampires, il s'est mis à envisager de prendre sa place. Le Dominile s'est retrouvé obligé de réagir dans l'urgence, avec d'un côté le risque que les Chevaliers de la Lumière découvrent que Sophie fréquentait un vampire en toute connaissance de cause — auquel cas ils n'auraient probablement pas hésité à la tuer — et de l'autre la menace de Hessren et de ses fidèles.
Fabien a donc capturé Sophie et l'a brusquée pour qu'elle lui révèle où ils conservaient Le peuple de la nuit. Le but était autant de l'éloigner de lui que de récupérer le livre. Elle a appris sa véritable identité avec horreur, mais il n'a pu s'empêcher d'essayer de se justifier avant de lui donner les moyens de s'enfuir. Elle est aussitôt retournée auprès de ses amis pour les prévenir d'une attaque imminente.
Envoyant quelques-uns de ses hommes faire une diversion, le Dominile a tenté de s'introduire dans le quartier général des Chevaliers. Mais il s'est mis à découvert pour sauver Sophie, ce qui leur a permis de le capturer. C'était au tour de la jeune femme d'être prise entre deux feux: d'une part, son amour toujours vivace, et de l'autre, la peur d'être percée à jour. Fabien a été torturé de manière particulièrement atroce pendant plusieurs nuits, et sa détermination et son courage lui ont même attiré la pitié de plusieurs des chasseurs.
Sophie ne pouvait pas le laisser ainsi. Juste avant qu'il ne tombe en torpeur ou peut-être connaisse la mort ultime, elle a trahi ses alliés pour le libérer, provoquant la mort de deux hommes, dont Robert Wart, celui qui avait torturé Fabien. [Vous pouvez lire la description de l'évasion, telle que vue par Jérémy.] Choquée, mais ayant fait son choix, la jeune femme lui a livré Le peuple de la nuit et s'est enfuie avec lui. De son côté, Fabien a détruit Hessren et ses sbires dès qu'il a repris quelques forces, protégeant par là la vie des Chevaliers de la Lumière à leur insu.
Fabien et Sophie, abandonnant respectivement le rôle de Dominile et les Chevaliers de la Lumière, ont quitté la région parisienne pour aller s'installer à Liège et mener une nouvelle vie sous le nom de Dolargy. Comme la jeune femme se languissait de ne fréquenter personne, elle s'est cherché un petit boulot... L'annonce de JC proposant un poste de serveur dans la Cave est tombée à pic.
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Dernière modification: 4 octobre 2003.